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Dépression sévère du postpartum : en parler, c’est déjà commencer à prendre soin de soi

On parle beaucoup de la grossesse, de l’accouchement, de la rencontre avec son bébé, de ce fameux « bonheur » que l’on serait censée ressentir immédiatement…

Mais beaucoup moins de ce qui peut se passer dans la tête et dans le cœur d’une maman après la naissance.

Et pourtant, le postpartum peut être une période extrêmement bouleversante.

Cet article n’est pas là pour faire peur. Au contraire. Je souhaite parler de prévention, parce que je pense qu’une maman qui sait reconnaître certains signes aura peut-être plus facilement le réflexe de demander de l’aide.

Et surtout, parce qu’il y a une chose que j’aimerais que toutes les mamans retiennent :

Vous avez le droit de dire que vous n’allez pas bien.

Le postpartum n’est pas toujours cette bulle de bonheur que l’on nous montre

Après un accouchement, tout change.

Le corps vient de vivre une grossesse et un accouchement. Les hormones chutent, les nuits sont parfois très courtes, la fatigue s’accumule, il faut découvrir son bébé, apprendre à répondre à ses besoins…

Et pendant ce temps-là, la maman doit elle aussi se remettre physiquement et émotionnellement.

Certaines femmes vont traverser cette période relativement sereinement.

D’autres vont connaître un baby blues.

Et certaines vont malheureusement développer une véritable dépression du postpartum, parfois sévère.

Ce n’est pas un manque d’amour.

Ce n’est pas être une mauvaise mère.

Et surtout, ce n’est pas quelque chose que l’on doit cacher par honte ou par peur d’être jugée.

Quand ce n’est plus simplement de la fatigue

Être épuisée après avoir accouché est évidemment fréquent.

Pleurer, se sentir dépassée ou avoir besoin d’être rassurée peut également arriver.

Mais certains signes doivent pousser à en parler rapidement à un professionnel, notamment lorsqu’ils deviennent très intenses, persistent ou prennent de plus en plus de place :

* une tristesse profonde qui ne passe pas ;

* des pleurs très fréquents ;

* une sensation de vide ;

* une anxiété très importante ;

* l’impression de ne plus réussir à ressentir de plaisir ;

* une culpabilité permanente ;

* l’impression d’être incapable de s’occuper de son bébé ;

* des difficultés importantes à dormir, même lorsque bébé dort ;

* une perte d’appétit ou au contraire des changements importants dans l’alimentation ;

* l’envie de s’isoler complètement ;

* des difficultés à créer un lien avec son bébé ;

* le sentiment de ne pas aimer son enfant comme on « devrait » l’aimer ;

* ou parfois même une sensation de rejet envers son bébé.

Et c’est justement sur ce dernier point que je trouve important de mettre des mots.

Oui, certaines mamans peuvent ressentir un rejet envers leur bébé

C’est extrêmement difficile à dire.

Parce que dans notre société, une maman est censée regarder son bébé et tomber immédiatement folle d’amour.

Mais la réalité humaine est parfois beaucoup plus compliquée.

Une maman souffrant d’une dépression sévère du postpartum peut avoir énormément de difficultés à créer du lien avec son enfant. Elle peut ressentir une distance émotionnelle, avoir du mal à supporter ses pleurs ou parfois ressentir du rejet.

Et souvent, derrière cela arrive une immense culpabilité :

« Pourquoi je ressens ça ? »

« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »

« Je suis une mauvaise maman. »

« Si j’en parle, on va me juger. »

Justement : parlez-en.

Ces sentiments peuvent être le signe que vous êtes en souffrance et que vous avez besoin d’être accompagnée.

Demander de l’aide ne signifie pas que vous n’aimez pas votre enfant.

Cela signifie simplement qu’en ce moment, vous avez besoin que quelqu’un prenne soin de vous aussi.

N’attendez pas d’être complètement au bout

Vous pouvez en parler dès la maternité.

Vous pouvez en parler à votre sage-femme, votre gynécologue, votre médecin traitant, un psychologue, un psychiatre ou aux professionnels qui assurent votre suivi après l’accouchement.

Vous pouvez simplement commencer par :

« Je ne me reconnais plus. Je ne vais pas bien depuis mon accouchement et j’ai besoin d’aide. »

Vous n’avez pas besoin d’avoir les bons mots.

Vous n’avez pas besoin de savoir vous-même s’il s’agit d’une dépression.

C’est justement le rôle des professionnels de vous écouter, d’évaluer ce que vous traversez et de vous orienter vers une prise en charge adaptée.

Ils connaissent ces situations.

Vous n’êtes ni la première ni la dernière maman à leur dire : « Je n’y arrive plus. »

Le conjoint et l’entourage ont aussi un rôle très important

J’aimerais également m’adresser aux conjoints.

Après une naissance, regardez aussi la maman.

Pas uniquement le bébé.

Demandez-lui réellement comment elle va.

Essayez de lui permettre de dormir et de récupérer. Prenez le relais lorsque c’est possible. Écoutez-la sans minimiser ce qu’elle ressent.

Et si vous constatez qu’elle change énormément, qu’elle s’isole, qu’elle pleure constamment, qu’elle semble complètement détachée, qu’elle exprime un rejet important envers son bébé ou qu’elle tient des propos particulièrement inquiétants, ne restez pas seuls avec cette situation.

Contactez un professionnel de santé.

Parfois, lorsqu’on est soi-même plongée dans une dépression, on n’arrive plus à mesurer à quel point on va mal. Le conjoint ou l’entourage peut alors devenir un véritable relais.

Et si des pensées très sombres apparaissent ?

Il y a un point sur lequel il ne faut jamais attendre.

Si une maman pense à se faire du mal, pense qu’elle ne veut plus vivre, pense à faire du mal à son bébé, se sent incapable de garantir sa propre sécurité ou celle de son enfant, il faut demander une aide médicale immédiatement.

De même, une confusion importante, des comportements complètement inhabituels, des propos incohérents, des hallucinations ou des convictions étranges nécessitent une évaluation médicale urgente.

Dans ces moments-là, on ne reste pas seule.

On confie le bébé à un adulte de confiance présent sur place et on contacte immédiatement les services d’urgence ou on se rend aux urgences.

Il ne s’agit plus d’attendre le prochain rendez-vous.

Prévenir, c’est aussi préparer son postpartum avant l’accouchement

On prépare énormément la chambre de bébé.

Les vêtements.

La poussette.

Les couches.

La valise de maternité.

Mais pourquoi ne préparerions-nous pas aussi le postpartum de la maman ?

Avant l’accouchement, cela peut être simplement discuter avec son conjoint :

Qui pourra prendre le relais si je suis épuisée ?

À qui pourrais-je dire que je ne vais pas bien ?

Quelle sage-femme assurera mon suivi après la naissance ?

Qui appeler si mon moral s’effondre ?

Et si vous avez déjà traversé une dépression, une dépression du postpartum, des troubles anxieux ou une période de grande fragilité psychologique, vous pouvez également en parler pendant votre grossesse afin que les professionnels puissent anticiper avec vous un accompagnement adapté.

Il n’y a aucune honte à préparer aussi sa santé mentale.

Une maman aussi a besoin qu’on prenne soin d’elle

On entend souvent :

« Prends soin de ton bébé. »

Mais j’aimerais que l’on dise beaucoup plus souvent :

« Prenons aussi soin de la maman pour qu’elle puisse, petit à petit, retrouver les ressources nécessaires pour prendre soin d’elle et de son bébé. »

Une dépression du postpartum se soigne et se prend en charge.

Il existe différents accompagnements, qui seront adaptés à chaque situation par les professionnels : soutien, suivi psychologique ou psychiatrique, aide autour du quotidien et de la relation avec bébé et, lorsque cela est nécessaire, traitements médicaux.

Dans les situations sévères, une prise en charge spécialisée peut être nécessaire.

L’objectif n’est jamais de juger une maman.

L’objectif est de la protéger, de la soigner et de l’accompagner.

Le message que j’aimerais transmettre aux mamans

Si vous venez d’accoucher et que vous lisez cet article parce que vous vous reconnaissez dans certains passages, ne gardez pas tout cela pour vous.

Même si vous avez peur.

Même si vous avez honte de certaines pensées.

Même si extérieurement tout le monde pense que vous devriez être heureuse.

Même si votre bébé était profondément désiré.

Vous avez le droit de ne pas aller bien.

Parlez-en à votre conjoint ou à une personne de confiance.

Mais surtout, parlez-en à un professionnel de santé.

Vous pouvez demander de l’aide à votre sage-femme, votre médecin, votre gynécologue ou directement à un professionnel de santé mentale.

Et si la première personne à qui vous en parlez ne comprend pas l’intensité de votre souffrance, continuez à chercher de l’aide.

Parce qu’une maman ne devrait jamais avoir à traverser une dépression du postpartum toute seule.

Chez Family Nest, je souhaite aussi participer à cette prévention en libérant la parole autour du postpartum.

Parce que prendre soin d’une maman, ce n’est pas seulement prendre soin de son corps après l’accouchement.

C’est aussi lui demander :

« Et toi, comment tu vas vraiment ? »

Cet article a un objectif de prévention et d’information. Il ne remplace pas une consultation, un diagnostic ou une prise en charge par un professionnel de santé. En présence d’idées suicidaires, de pensées de faire du mal au bébé, d’une perte de contact avec la réalité ou d’un danger immédiat pour la maman ou l’enfant, une prise en charge médicale urgente est nécessaire.

 
 
 

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